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Président Macky SALL ! Ce mémorandum "commandité" par WADE reste aussi valable pour vous

Posté par: Le Sociologue Rebelle| Samedi 07 septembre, 2013 01:27  | Consulté 908 fois  |  1 Réactions  |   

ESQUISSE D'un « MÉMORANDUM » DE LA JEUNESSE SÉNÉGALAISE

Quel travail ardu que celui de l’abord des problèmes d’une catégorie sociale dont l’identité en tant que personne peut à elle seule constituer un véritable casse-tête lorsque que l’on tente de la définir ! Que renferme la notion de jeunesse ? Qui est jeune, qui ne l’est pas ? Y’a-t-il des critères universels permettant de loger un groupe de personnes dans cette catégorie sociale que l’on appelle communément « la jeunesse » ? Le grand dictionnaire de langue française, Logos, voudrait qu’on définisse la jeunesse comme « la période de la vie comprise entre l’adolescence et l’âge adulte » ou tel un moment d’immaturité. Pour ne pas verser dans des définitions équivoques, nous observerons et définirons ce groupe social suivant ses problèmes, ses besoins, c’est-à-dire que nous l’identifierons dans des situations concrètes où son existence se mêle à celle des autres catégories sociales et des choses avec lesquelles il interagit.

En effet, Ceux qu’on appelle « les jeunes » sembleraient avoir des besoins certes multiples, mais spécifiques et identiques. Certains d’entre eux, dotés d’un esprit entrepreneurial, n’attendent personne pour leur indiquer les voies de sortie de crises. Ils se prennent en charge et ne demandent que des conditions favorables pour mettre en pratique leurs potentialités. D’autres, malgré leur farouche volonté, ne pourront pas atteindre leurs objectifs en raison de leur origine sociale et des discriminations d’ordres factuels, voire institutionnels quelque fois : les inégalités devant l’enseignement émanant du « prix à payer » pour entrer dans certaines écoles. À côté de ces deux types de jeunes, il ya ceux qui croient que tout doit venir de l’État : « j’ai été à l’école, j’ai mes diplômes, j’ai obtenu une bonne formation alors c’est mon État qui devrait me trouver du boulot ». Au lieu donc de se demander, à l’instar de Kennedy, ce qu’ils doivent faire pour leur pays, ils estiment, nous ne saurions dire sur quelle base, qu’ils ont tout fait pour leur pays et que, par conséquent, c’est leur État qui leur doit quelque chose. Certains hommes de troupes libérés du service actif (ils ne sont pas les seuls), bien que stoïque, intrépide, discipliné et très entreprenant, raisonnent quelque fois ainsi, du fait de leur baptême de feu effectué en zone du sud du Sénégal.

Par inférence donc, nous pouvons dire, à cette étape d’un diagnostique provisoire, que ce qui nous semble crucial, ce n’est pas ce que les gouvernants veulent souvent faire des gouvernés, mais plutôt ce que ces derniers attendent d’eux, mieux, la façon dont ils se représentent les gestes, les paroles, les actes et les réalisations des « Princes ». Tout semble se résumer à ces trois termes : Besoin, Perception et Implication, c’est-à-dire le BPI. Loin de nous la prétention d’avoir les capacités de rassembler, ici, l’ensemble des préoccupations des jeunes. Cependant, faisant nous-mêmes partie de cette catégorie sociale, et estimant avoir plus ou moins les mêmes besoins, à quelques degrés divers, nous croyons être en mesure de vous présenter quelques uns des problèmes cruciaux qui la préoccupent, tant au niveau social, économique que politique. Si théoriquement l’on peut faire une distinction entre les éléments des systèmes, dans la réalité, les différences disparaissent. Les problèmes se situent les uns avec les autres, les uns à côtés des autres, voire les uns dans les autres.

 

1.     La question de l’emploi

Une sociologue française, intervenant sur RFI, disait que pour savoir si le chômage a diminué ou pas, elle n’avait cure des données statistiques mais qu’il lui suffisait de voir, chaque fois qu’elle se réveille, quels sont les amis de ses enfants qui sont allés travailler. Les chiffres que le gouvernement déclare pour expliquer le recul du taux de chômage ou les emplois créés ne semblent pas être en conformité avec le vécu des jeunes. Soit, parce que ces chiffres sont manipulés, donc faux, soit parce que la demande est largement au dessus des emplois créés.

D’autre part, il ne suffit pas de créer beaucoup d’emplois uniquement, mais de permettre aux travailleurs de s’épanouir socialement et économiquement grâce à leur emploi à travers une politique adéquate de promotion des jeunes dans les entreprises.

L’État doit garantir la sécurité des emplois et exiger des entreprises la rupture d’avec les mauvaises pratiques telles que les contrats de stages interminables suivis d’aucune embauche.  

Pour les jeunes exerçant dans les métiers informels et qui sont confrontés à la concurrence des produits importés de tous genres, l’État doit assainir la concurrence, attribuer des crédits en envoyant des agents de proximité pour le recensement des compétences, former les moins qualifiés dans des structures de références pouvant donner leur avis sur les qualifications des uns et des autres.

L’enseignement général étant budgétivore, il faudrait, comme l’on montré certaines études, privilégier les domaines techniques  à travers un repérage des capacités ou compétences pratiques des jeunes qui, souvent, ont trop de talents mais restent victimes de leur mauvaise orientation.

Le gouvernement doit faire en sorte que le revenu minimum des salariés puisse couvrir un certain nombre de besoins élémentaires. Un salaire parvenant à satisfaire les besoins d’au moins cinq personnes dans une famille en attendant que chacun des jeunes des différents ménages puissent tous acquérir un emploi. Encourager la solidarité entre les « riches » et « les pauvres ».   

 

2.     L’éducation

-Revaloriser l’enseignement, le statut des diplômés ayant le BAC, trouver des voies d’intégration professionnelle pour le élèves ayant écourté leur études, faire de l’étudiant un modèle dans sa société, et cela, à travers une amélioration de la qualité de l’enseignement universitaire et une amélioration de la bourse du troisième cycle dès la rentrée prochaine, afin que tous les étudiants animés par le goût de la recherche, soient mis dans un cadre d’émulation constante. Que par exemple les doctorants aient tous un emploi s’il le désir et des subventions pour la recherche. Que les inscriptions dans les écoles doctorales ne soient pas source de démotivation : Elles exigent le paiement d’une somme annuelle de 150 000 frcs pendant 3 ans. Ce qui n’est pas du goût des doctorants[1] ;

-Faire en sorte, comme ce fut le cas dans les années 60, que l’étudiant puisse, avec sa bourse, subvenir à ses besoins didactiques, voire, être un soutien de famille ;

-Homologuer les frais inscriptions du primaire sur toute l’étendue du territoire. Au Fouta nous avons vu des élèves payer 5000 frcs comme frais d’inscription alors que leurs camarades de Dakar payaient 2500 frcs.

 

3.     L’inflation

Voilà la goûte d’eau qui fait déverser le vase. Certes il n’ya pas de famine au Sénégal, mais la cherté de la vie fait qu’aujourd’hui nombre de familles sont soit sous-alimentées, soit mal alimentées. « Chaque jour tout augmente, jamais rien ne diminue », semblent dire certaines familles. Certains jeunes disent avoir arrêté leur sport quotidien pour éviter de tomber dans un état famélique. Que de choses peuvent être dites sur l’inflation ! Personne ne l’ignore ; et ce n’est pas l’invocation de la « crise mondiale » qui changera les représentations, d’autant plus que ceux qui donnent ces justifications, vos collaborateurs, jugés quelques fois arrogants, sont tous à l’abri du besoin. Nul besoin de rappeler les efforts déployés par le Gouvernement pour ralentir cette inflation. Ce qui est certain pour les jeunes et leurs familles respectives, ces efforts sont insuffisants. D’où notre appel à des mesures urgentes si l’État veut se réconcilier avec son peuple.

 

4.     Une jeunesse divisée

L’on aurait pu comprendre si cette division était juste idéologique. Elle est communautaire, religieuse et confrérique. Pour plusieurs raisons une majorité de la jeunesse accuse l’État. Elle perçoit  une trop grande propagande, amplifiée par la presse, des visites auprès des chefs religieux. Visites qui, mon président, auraient pu se faire dans la plus grande discrétion, sans télé ni radio.

Les jeunes tidianes reprochent au gouvernement de privilégier les mourides, donc Touba. Ils ont très mal digéré deux événements. L’un lointain, l’autre, assez récent. Se considérant comme membre actif de votre accession à la présidence, ils ruminent encore leurs frustrations provoquées par la visite « précipitées » rendue au Khalif des mourides dès la proclamation des résultats de l’élection de 2000. Les chrétiens, non plus, n’ont pas vu d’un bon œil ce voyage qui, selon eux, traduisait votre préférence. Il ya moins de deux ans, c’est le guide des Moustarchids qui est ballotté entre le Palais et d’autres institutions de la République, alors qu’il semblait que c’est vous, Excellence, qui l’aviez invité pour un entretien. C’était, selon des jeunes moustarchids, une occasion de vous réconcilier définitivement avec celui qui a été votre allié dans des moments difficiles qui lui ont même valu la prison. Il y’aurait, pensent-ils, des hommes dans votre entourage qui font tout pour vous séparer des personnes vertueuses et véridiques que l’on retrouve aussi bien dans la société civile que dans l’opposition. Une réconciliation franche avec la famille de Cheikh Ahmed Tidiane SY Al MAKTUM et son entourage est inéluctable.

Certaines interventions des « chefs religieux » en votre faveur ont l’effet d’un boomerang. Au lieu qu’elle redore votre statut et vous attire la sympathie de votre peuple, ce serait l’effet contraire qui se produirait. Si ces sorties médiatiques sont orchestrées par le gouvernement, il faudrait qu’il y mette fin. Quand un marabout dit, par exemple, que c’est son ancêtre qui élit nos dirigeants, ou que nul ne saurait être président au Sénégal sans faire allégeance à une ville religieuse, c’est une insulte faite à l’électorat sénégalais et, cela ne joue nullement en votre faveur.

 

5.     Les questions politiques et la bonne gouvernance

Trop de divergences au sommet de l’État. Des conflits de personnes dans le PDS qui paralysent parfois la bonne marche des institutions.

Il faut séparer les problèmes de Parti d’avec les problèmes de la République.

Même les discours les plus courtois sont de plus en plus perçus comme de la pure arrogance. D’où vient l’incompréhension ? Pourquoi les jeunes ne veulent plus écouter les gouvernants ? Il semble qu’il ya des « têtes » qu’ils n’aiment plus voir. La haine que suscitent ces « têtes » serait-elle allée jusqu’à se transformer en haine envers le Chef de l’État ? Comment des inconditionnels d’Abdoulaye WADE sont-ils devenus ses pourfendeurs ? Est-ce à cause de la personnalité du président lui-même ou de l’attitude des membres de son entourage, de leur rapport aux Institutions ?

De toutes les façons, « les Sénégalais se connaissent tous ». Les jeunes soutiennent que les dirigeants se servent eux-mêmes au lieu de les servir. Ils savent que nombre d’entre les membres du gouvernement n’avaient aucune fortune à leur arrivée au pouvoir. Ils les suspectent d’avoir  « volé » leur argent, de s’enrichir sur leur dos. Le fossé qui les sépare de la classe politique est très profond. Cette jeunesse réclame des audits et la lumière sur un ensemble de dérives qui n’ont jamais été élucidées.

Selon elle, les postes sont octroyés, non suivant les compétences, mais à partir des affinités politiques. Elle soupçonne un réseau de falsification de diplômes pour permettre à certains membres du PDS d’occuper des fonctions qu’ils ne mériteraient pas.

Un certain nombre de scandales financiers sont la cause de ce manque de confiance vis-à-vis des gouvernants.

La jeunesse réclame des mesures urgentes :

- le dépérissement des institutions : suppression du Sénat, diminution du nombre de ministres ;

- La diminution des portefeuilles du ministre Karim WADE, voire sa démission du gouvernement ;

- Beaucoup de jeunes vous demandent de finir votre mandat, mais d’organiser des élections transparentes, en tant que superviseur. En même temps ces jeunes s’inquiètent sur le profil de votre successeur qu’ils ont du mal à choisir parmi l’Opposition ;

- d’envisager la possibilité de créer un gouvernement d’union avec l’opposition à la suite d’une demande solennelle ;

- la satisfaction de la demande énergétique et la baisse du coût des factures, du coût de la vie.

Les revendications sont nombreuses et diverses. À vous de voir celles qui peuvent être réglées très rapidement.

22 JUILLET 2011 ENTRE MINUIT ET 5 HEURES DU MATIN

Le Sociologue Rebelle

mactko@yahoo.fr

 


[1] Imaginez qu’ils doivent payer encore 75000 francs chaque année en plus des 150000, comme prévu par les nouveaux projets de réforme. Est-ce cela encourager la recherche comme vous le prétendez. Certes, il y a des professionnels parmi les doctorants, mais la majeure partie d’entre eux, malgré leur abnégation pour l'obtention d’emploi, ne trouve pratiquement rien qui puisse leur permettre de subvenir adéquatement à leurs besoins les plus élémentaires. Nous réclamons plus de justice sociale. 

 L'auteur  LeSociologue Rebelle
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Commentaires: (1)
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Anonyme on September 9, 2013 (20:09 PM) 0 FansN°:1
Excellent !

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